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La SIDRA DE YITRO Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

                    LA SIDRA DE YITRO

«  Jethro, prêtre de Midiane, beau-père de Möise apprit tout ce que D. avait fait…..     (Exode XVIII,I)
La plupart des anciens commentateurs (Rachi, Ramban, Saadya Gaon, Sforno), situent la visite de Jéthro  avant la Promulgation de la Torah. Ce récit serait donc ici à sa place et suivrait, selon eux, l’ordre chronologique des événements. Cette opinion est réfutée par le Grand Grammairien et commentateur Ibn Ezra. Il cite plusieurs exemples qui selon lui, prouvent que la visite du beau -père de Moïse a eu lieu après la promulgation de la Loi. Logiquement l’histoire de la guerre contre Amalek à Réphidim (XVII, 8-16) aurait dû être suivi du passage (chap.XIX) qui commence par : « le troisième mois après la sortie des enfants d’Israël d’Egypte ….Partis de Réphidim, ils entrèrent dans le désert du Sinaï… » Ce texte sert de préambule à la révélation du Sinaï.

Quel est le sens de toute cette controverse entre  ces grands commentateurs ?  La raison de toute cette discussion est la raison d’être de la conversion de Jéthro. Les motivations de cette conversion ne sont pas  les mêmes avant la guerre  contre Amalek et après. Si c’est avant Jéthro n’aurait pas beaucoup de mérites. Parce qu’Israël était dans sa phase ascendante, et l’objet de beaucoup de miracles. S’attacher spirituellement à ce peuple apporte beaucoup d’honneur à Jéthro. Mais si l’épisode de Jéthro  a eu lieu après les méfaits et la cruauté d’Amalek, la conversion serait probablement plus sincère. En effet, Israël était dans un état physique et moral lamentable ? L’adhésion de Jéthro prouve  sa grandeur d’âme et ses bonnes actions. 

Le Talmud (Zévahim, 116a) demande au sujet de Jéthro : «  Qu’a-t-il appris de si important pour venir et se convertir au judaïsme ? -  Rabbi Yéhochoua dit : Il a pris connaissance de la guerre contre Amalek, comme il est écrit plus haut (XVII, 13)  « Et Josué vainquit Amalek et son peuple, au tranchant de l’épée »  Rabbi Eliézèr Hamodaï dit : «  Il a appris la révélation du Sinaï, car la nouvelle de la promulgation de la loi s’est répandue d’un bout du monde à l’autre ; Rabbi Eliézèr ben Yaacob dit : il a appris l’histoire du passage de la mer Rouge. »

 Cette discussion talmudique  va aussi dans le sens de la controverse entre les anciens commentateurs. Son but est de vérifier si les motivations de la conversion de Jéthro étaient sincères  ou pas. On constate que Ibn Ezra a suivi l’avis de Rabbi Eliézer Hamodaï, tandis que les autres commentateurs ont adopté l’opinion de Rabbi Yéhochoua  et de rabbi Elézer ben Yaacob.
« Partis de Réphidim Ils entrèrent dans le désert du Sinaï…… »
Dans ce texte de la Sidra le singulier et le pluriel se côtoient. On trouve qu’Israël et tantôt au pluriel et tantôt au singulier.  « Ils partirent » « Ils entrèrent » « Ils campèrent »  et ensuite Israël apparaît au singulier «  Il Campa »

A ce sujet le Midrach dit : «  Grande est la paix ; durant tous les déplacements il est dit « Ils partirent » « Ils campèrent » -Ils partaient en discorde et campaient en discorde- Mais lorsqu’ils arrivèrent au Mont Sinaï l’union régna au camp, comme il est écrit : « Israël y campa en face de la montagne » et c’est alors que le Saint béni soit-Il dit : il est temps que je donne la Torah aux enfants d’Israël.
Ainsi, ils auront enfin l’occasion de connaître le sens de la  vraie liberté, la liberté qui est le partage de celui qui reconnaît le joug de la Torah.

 

 
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LA SIDRA DE BO
Notre Sidra est le prolongement de la paracha de Vaéra.  L’intervention de Moïse auprès de Pharaon continue. Le roi d’Egypte refuse toujours de libérer le peuple hébreu. Mais cette fois la menace qui pèse sur Pharaon devient plus sérieuse. Une série  de plaies s’abat sur l’Egypte. Des fois, Pharaon donne l’impression d’accepter la demande de Moïse. Des fois il s’entête, et maintient son refus. Cette attitude de Pharaon est difficile à comprendre, même pour Moïse. Comment Pharaon parvient-il à maintenir son refus de laisser partir les Hébreux en dépit de toutes les souffrances qu’il impose à son peuple? Comment se fait-il que le peuple qui est le premier à souffrir ne se soulève pas contre les décisions  irraisonnables de Pharaon ?

C’est D. qui va apporter la réponse à cet étonnement général. « C’est Moi dit l’Eternel qui endurcit le cœur de Pharaon…  afin que je manifeste mes prodiges en son sein »  Cette réplique de D. à l’acharnement de Pharaon dans son refus de libérer les Hébreux,  soulève un problème difficile. En vertu de quoi D.- qui accorde le libre arbitre à tout individu- porte –t-Il atteinte à son propre principe ? Pourquoi D. inflige-t-Il une souffrance intolérable à tout un peuple par la faute d’une seule personne ?  Pourtant, la volonté divine est de voir Pharaon accéder au désir des hébreux de recouvrer leur liberté.

Les commentateurs  avancent deux réponses :

a)           Les desseins de D. sont parfois impénétrables au commun des mortels. Il est vrai que Pharaon est un homme méchant, mauvais, et sanguinaire. Il a persécuté, torturé, tué les enfants mâles qui naissaient, rendu la vie intenable aux Hébreux par des travaux forcés. Il régnait par la terreur à l’égard des étrangers qui résidaient dans son pays.

Chez cet assoiffé de sang, Moïse arrive avec un mandat en main. Il est chargé de faire sortir les Hébreux d’Egypte. Comment  peut-il accomplir sa mission qui frise le miracle ? Il était clair et évident, que Pharaon avec sa personnalité et son caractère ne libérera pas les Hébreux de  sa propre volonté. Dans ce cas il ne restait que deux possibilités à L’Eternel pour contraindre Pharaon à laisser les Hébreux quitter librement l’Egypte. A) changer la nature de Pharaon et le rendre docile. B) Lui infliger des souffrances lourdes par la voie de la nature et les forces destructrices que recèle la nature.

Dans les deux cas, il est indispensable de modifier  soit la structure mentale de Pharaon, soit de changer les lois qui régissent la nature. D. a choisi la deuxième solution et préfère faire intervenir la nature que de changer le caractère de Pharaon. Car dans ce cas on aurait mis la liberté recouvrée des Hébreux sur le compte de la « bienveillance » de Pharaon. Or D. voulait montrer que c’est sa Providence qui agit sur l’Histoire et Pharaon n’est rien d’autre qu’un objet entre ses  mains.  La deuxième solution est en même temps une réponse à Pharaon qui a dit : «  Qui est Dieu pour que je lui obéisse?  Je ne connais pas D. » Avec Les dix plaies, l’univers entier  saura que L’histoire des Hébreux est providentielle.

b)           Une deuxième explication est avancée pour expliquer que D. durcit le cœur de Pharaon. Si l’on tient compte de la réserve faite à  la promesse faite à Abraham spécifiant, que  sa descendance héritera de la terre de Canaan après quatre siècles d’esclavage dans un pays étranger. Les Hébreux  ne devaient pas sortir d’Egypte. En effet, leur esclavage ne dure que depuis deux siècles. Afin que le délai promis à Abraham soit accompli, il était indispensable que le temps que l’Esclave consacre à son maître Pharaon, soit doublé. C’est pourquoi la souffrance des Hébreux a doublé d’intensité. Ces derniers ont fourni en deux siècles, sur le plan du rendement, ce qu’ils devaient fournir  en quatre siècles. Mais pour parvenir à ce résultat,  il fallait que Pharaon  refuse de les laisser sortir les Hébreux.

Un deuxième thème est soulevé dans notre Sidra. Nous constatons que Pharaon, après quelques plaies, montre une disposition plus nuancée et accepte de laisser partir seulement les adultes et de garder les jeunes en Egypte. Le refus absolu de Moïse nous incite à comprendre la valeur des jeunes. Ils constituent l’avenir du peuple juif. C’est pourquoi tous les efforts dans le monde juif  sont focalisés  sur les enfants. La pérennité du peuple juif occupe la place centrale dans son histoire. Et cette pérennité dépend de  la somme des efforts qui seront investis dans l’éducation des jeunes.

                                                                                             H.H 

 

 
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LA SIDRA DE BO
Notre Sidra est le prolongement de la paracha de Vaéra.  L’intervention de Moïse auprès de Pharaon continue. Le roi d’Egypte refuse toujours de libérer le peuple hébreu. Mais cette fois la menace qui pèse sur Pharaon devient plus sérieuse. Une série  de plaies s’abat sur l’Egypte. Des fois, Pharaon donne l’impression d’accepter la demande de Moïse. Des fois il s’entête, et maintient son refus. Cette attitude de Pharaon est difficile à comprendre, même pour Moïse. Comment Pharaon parvient-il à maintenir son refus de laisser partir les Hébreux en dépit de toutes les souffrances qu’il impose à son peuple? Comment se fait-il que le peuple qui est le premier à souffrir ne se soulève pas contre les décisions  irraisonnables de Pharaon ?

C’est D. qui va apporter la réponse à cet étonnement général. « C’est Moi dit l’Eternel qui endurcit le cœur de Pharaon…  afin que je manifeste mes prodiges en son sein »  Cette réplique de D. à l’acharnement de Pharaon dans son refus de libérer les Hébreux,  soulève un problème difficile. En vertu de quoi D.- qui accorde le libre arbitre à tout individu- porte –t-Il atteinte à son propre principe ? Pourquoi D. inflige-t-Il une souffrance intolérable à tout un peuple par la faute d’une seule personne ?  Pourtant, la volonté divine est de voir Pharaon accéder au désir des hébreux de recouvrer leur liberté.

Les commentateurs  avancent deux réponses :

a)           Les desseins de D. sont parfois impénétrables au commun des mortels. Il est vrai que Pharaon est un homme méchant, mauvais, et sanguinaire. Il a persécuté, torturé, tué les enfants mâles qui naissaient, rendu la vie intenable aux Hébreux par des travaux forcés. Il régnait par la terreur à l’égard des étrangers qui résidaient dans son pays.

Chez cet assoiffé de sang, Moïse arrive avec un mandat en main. Il est chargé de faire sortir les Hébreux d’Egypte. Comment  peut-il accomplir sa mission qui frise le miracle ? Il était clair et évident, que Pharaon avec sa personnalité et son caractère ne libérera pas les Hébreux de  sa propre volonté. Dans ce cas il ne restait que deux possibilités à L’Eternel pour contraindre Pharaon à laisser les Hébreux quitter librement l’Egypte. A) changer la nature de Pharaon et le rendre docile. B) Lui infliger des souffrances lourdes par la voie de la nature et les forces destructrices que recèle la nature.

Dans les deux cas, il est indispensable de modifier  soit la structure mentale de Pharaon, soit de changer les lois qui régissent la nature. D. a choisi la deuxième solution et préfère faire intervenir la nature que de changer le caractère de Pharaon. Car dans ce cas on aurait mis la liberté recouvrée des Hébreux sur le compte de la « bienveillance » de Pharaon. Or D. voulait montrer que c’est sa Providence qui agit sur l’Histoire et Pharaon n’est rien d’autre qu’un objet entre ses  mains.  La deuxième solution est en même temps une réponse à Pharaon qui a dit : «  Qui est Dieu pour que je lui obéisse?  Je ne connais pas D. » Avec Les dix plaies, l’univers entier  saura que L’histoire des Hébreux est providentielle.

b)           Une deuxième explication est avancée pour expliquer que D. durcit le cœur de Pharaon. Si l’on tient compte de la réserve faite à  la promesse faite à Abraham spécifiant, que  sa descendance héritera de la terre de Canaan après quatre siècles d’esclavage dans un pays étranger. Les Hébreux  ne devaient pas sortir d’Egypte. En effet, leur esclavage ne dure que depuis deux siècles. Afin que le délai promis à Abraham soit accompli, il était indispensable que le temps que l’Esclave consacre à son maître Pharaon, soit doublé. C’est pourquoi la souffrance des Hébreux a doublé d’intensité. Ces derniers ont fourni en deux siècles, sur le plan du rendement, ce qu’ils devaient fournir  en quatre siècles. Mais pour parvenir à ce résultat,  il fallait que Pharaon  refuse de les laisser sortir les Hébreux.

Un deuxième thème est soulevé dans notre Sidra. Nous constatons que Pharaon, après quelques plaies, montre une disposition plus nuancée et accepte de laisser partir seulement les adultes et de garder les jeunes en Egypte. Le refus absolu de Moïse nous incite à comprendre la valeur des jeunes. Ils constituent l’avenir du peuple juif. C’est pourquoi tous les efforts dans le monde juif  sont focalisés  sur les enfants. La pérennité du peuple juif occupe la place centrale dans son histoire. Et cette pérennité dépend de  la somme des efforts qui seront investis dans l’éducation des jeunes.

                                                                                             H.H 

 

 
LA SIDRA DE CHEMOTH Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

LA SIDRA DE CHEMOTH

Le titre de cette Sidra  constitue à lui seul tout seul  l’enseignement que nous pouvons en tirer. En effet, nous apprenons que les hébreux qui sont venus s’installer en Egypte, ne se sont pas assimilés à la civilisation égyptienne. Le texte précise : « Ich oubéto baou »ce qui signifie : «  chacun est venu avec sa famille » et cette précision n’est pas fortuite. C’est toute la famille qui a conservé sa spécificité  foncièrement juive. C’est pourquoi le patriarche Jacob s’est inquiété en venant en Egypte de fonder un centre d’études comme l’enseigne le Midrache à propos du verset  » Il envoya devant  Joseph, son frère Judah pour enseigner devant lui à Gochène. » Les Hébreux en arrivant en Egypte, ont eu pour première préoccupation de faire état de leur appartenance à Israël. Il n’était bien entendu dès le départ que la civilisation hébraïque ne pouvait pas s’accommoder avec celle des Egyptiens. Le choix de Gochène, loin de la masse des Egyptiens adorateurs de béliers, n’est pas accidentel. Pour les Hébreux, toute intimité avec les Egyptiens étaye inconcevable.
Nos Sages, à propos de Joseph relèvent le parallélisme entre deux versets. D’une part, on peut lire dans la Sidra : « Joseph était beau de visage et beau dans son aspect » et d’autre part le verset qui dit «  La femme de son maître  jeta son regard sur Joseph » Du rapprochement de ces deux versets, nos Maîtres ont tiré la conclusion suivante : « Joseph  se tirait les cheveux et se rendait le plus agréable possible dans son physique c’est pourquoi il a été puni. La femme de son maître ne cessait pas de le provoquer » Mais le Midrache ajoute : «  Quand Joseph était sur le point de succomber, il apercevait le visage de son père » autrement dit, Joseph, sur le point de céder aux pulsions du mal, était sauvé par la figure de son père qui est la plus représentative des valeurs juives. Par ailleurs il est tout à fait inutile de chercher à paraître et à satisfaire un Ego narcissique. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la réaction de Jacob en voyant Joseph après tant d’années d’absence. Jacob en présence de Joseph prononce une phrase lourde de sens : «  Cette fois je pourrai mourir en paix après avoir vu ton visage car tu es vivant » A partir du moment où un père se rend compte que son fils est appelé à l’immortaliser en ayant suivi sa voie et resté profondément ancré dans la tradition des ancêtres, il pourra quitter ce monde en ayant le sentiment qu’il a rempli son rôle. Que son fils est le  continuateur de toutes les valeurs que la Torah nous a inculquées en dépit du poste élevé qu’il occupe en Egypte. Ce qui revient à dire que Joseph n’avait nullement honte d’affirmer qu’il était hébreu, et au contraire déclarer bien haut qu’il était le fidèle serviteur de la Tradition d’Abraham d’Isaac et de Jacob son père.
Conserver un nom bien  juif, est une garantie  prise sur un avenir. Les Hébreux ont été accueillis an grande pompe en Egypte. Le Pharaon  leur a ouvert son pays et leur a accordé toutes les facilités pour demeurer en Egypte. Mais quand il fallait quitter, il a fallu tout abandonner et partir dans le désert et vivre dans des conditions  inhumaines. Sans la présence de la Providence, les Hébreux n’auraient jamais pu survivre à la traversée du désert. Il en est ainsi avec la Galouth. On est reçu les bras ouverts et tenté par une vie facile et matériellement confortable. Mais quand arrive l’adversité et il faut partir, alors c’est l’errance et la vie de misère.
La leçon de notre Sidra doit toujours être présente à nos yeux. Vivre dans un milieu hostile et préserver son âme de la souillure et du principe du plaisir, n’est pas chose aisée, mais c’est uniquement à ce prix que nous pouvons  garantir notre pérennité. 

                                                                                          H.H  

 
LA SIDRA DE VAYIGACHE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
LA SIDRA DE VAYIGACHE


Le premier mot de cette sidra  « Vayigache » peut résumer le message qu’elle veut nous transmettre. En effet, ce terme est ambivalent ; il signifie deux concepts antinomiques : le rapprochement et la confrontation. Judah, qualifié par son père de lion, n’est pas la personne qui désespère et abandonne la partie, ce n’est pas pour rien qu’il est le symbole de la royauté en Israël. Cependant, les rapports entre les hommes sont souvent conflictuels, pour  pacifier ces relations, il est  souhaitable que les hommes ne prétendent pas posséder la vérité absolue. Un homme doit savoir se remettre en question et comprendre l’autre. C’est la conduite que Judah  a adoptée  Dans la  sidra  précédente ce même Judah dit à son frère Joseph : « Nous sommes maintenant  tes  esclaves. » Judah adopte une attitude  humble  pour avoir la paix. C’est  là un comportement de rapprochement qui consiste à valoriser l’autre. Mais dans cette sidra  c’est la confrontation qui domine car la paix nécessite deux partenaires équilibrés. La faiblesse favorise la domination.  C’est pourquoi Judah  use de termes qui montrent  à l’autre que ce n’est pas par faiblesse qu’il se présente comme  esclave. Il dit entre autres à Joseph : «  Que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur et que ta colère n’éclate pas » C’est une manière de lui dire, qu’il ne supporterait plus désormais des rapports fondés sur la contradiction.  C’est pourquoi il expose avec une clarté remarquable les arguments qui feront céder Joseph. La première partie de notre sidra est un cours magistral de psychologie moderne. Le cours pourrait être intitulé : « Comment annihiler toute résistance chez l’autre ? Voyons les points forts de l’argumentation de Judah. Dans un premier temps il fait preuve d’humilité et de soumission pour satisfaire le narcissisme de son frère. Il lui dira  à maintes reprises, « Mon seigneur » « Je suis ton serviteur », dans un deuxième temps, il relèvera le comportement ambigu de son frère. Et enfin il va le faire vaciller par réminiscences douloureuses qui activeront les émotions. Il lui dira : « Ton serviteur notre père »,  « Notre père nous dit : » Vous savez que ma femme m’a donné deux enfants, l’un a disparu d’auprès de moi » Il ira jusqu’à accuser Joseph d’être la cause de la mort de son père. La conséquence de cette défense magistrale, est le premier verset du chapitre suivant qui précise : « Joseph ne put se contenir, malgré tous ceux qui l’entouraient » « Il éleva la voix avec des pleurs ». Les arguments de Judah ont acculé Joseph à la régression.  Ce dernier se met à pleurer comme un petit enfant. La paix est enfin restaurée. 
Les frères retournent auprès de leur père pour lui annoncer la bonne nouvelle. « Ils lui apprirent que Joseph vivait encore, et qu’il commandait à tout le pays d’Egypte Mais son cœur resta froid, parce qu’il ne les croyait pas. »  On peut s’étonner en constatant que les frères rapportent à Jacob une nouvelle qui en fait ne devrait pas lui faire plaisir. En effet est-ce une bonne nouvelle pour Jacob d’apprendre que son fils est le maître de l’Egypte ? Est-ce vraiment important pour Jacob d’apprendre que son fils est le maître de toute l’Egypte ?  La réponse à cette question  réside dans la manière dont Joseph a formulé le libellé de son annonce. En général quelqu’un qui occupe un poste élevé dans la hirarchie sociale, attribue sa nomination au  roi, au Président du Pays ou à tout autre personnage. Dans notre cas Joseph ne dit pas : « Pharaon m’a confié le poste de Premier ministre » il dit L’Eternel m’a fait maître de l’Egypte. En formulant son annonce ainsi, il voulait               

Lancer un message à son père. Ce message était le suivant : « Je ne suis pas devenu le maître de l’Egypte en faisant des concessions sur mon identité, Je n’ai pas modifié mon comportement, j’ai observé toutes les leçons que tu m’as inculquées, Je suis le maître de l’Egypte, mais tout le pays sait que je suis un  hébreu fidèle à ma Tradition,  fidèle au D. d’Abraham et de Isaac ton père » Ce n’est pas Pharaon qui est à l’origine de son ascension c’est bien D. qui  dirige sa destinée. En effet c’est là une bonne nouvelle pour Jacob. Sachant que son fils est resté ferme dans ses convictions, Jacob ne voit pas pour quelle raison il refuserait de descendre en Egypte. D’autant plus qu’il voit en Joseph un fils qui  lui rappelle sa propre vie. Jacob a passé vingt ans chez son beau père Laban, toute cette cohabitation malsaine aurait dû logiquement entamer les convictions de Jacob et faire de lui un bon idolâtre, Ce fut l’inverse, malgré  un environnement malsain la foi de Jacob est restée inébranlable. Cette fois Jacob a compris que les rêves de son fils se sont réalisés , mais avec cette différence que Joseph reconnaît que l’histoire d’Israël n’est pas événementielle mais providentielle.
                                                                        
                                                                                      Haïm Harboun  

 
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